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Les maillots les plus mythiques de Ronaldo Nazário

31 août 2026 · 10 min de lecture

Au sommaire
  1. Cruzeiro et PSV : la fabrique du Fenomeno
  2. Barcelone 1996/97 : le blaugrana sans sponsor
  3. Inter Milan 1997-2002 : du 10 au 9, d'Umbro à Nike
  4. Le jaune du Brésil : 1998, 2002, 2006
  5. Real Madrid 2002-2007 : le 11, puis le 9 des Galactiques
  6. Milan puis Corinthians : les dernières pages
  7. Ses maillots en un coup d'œil
  8. Pourquoi ces maillots valent encore quelque chose

12 octobre 1996, stade de San Lázaro. Un attaquant de vingt ans récupère le ballon dans son propre camp, traverse la moitié du terrain avec la défense de Compostela accrochée aux épaules, résiste, et pousse le ballon au fond. Sur le banc, Bobby Robson porte les mains à sa tête. Le maillot est blaugrana, le flocage indique 9, l'équipementier s'appelle Kappa. Le Barça gagnera 5-1 ce jour-là.

Le joueur, c'est Ronaldo Luís Nazário de Lima. R9, pas CR7. Deux Ballons d'Or, trois titres de meilleur joueur FIFA, 62 buts en 98 sélections avec le Brésil, et une garde-robe de maillots qui reste parmi les plus recherchées du marché rétro. Voici les tuniques qui racontent sa carrière, dans l'ordre où il les a portées.

Cruzeiro et PSV : la fabrique du Fenomeno

Ronaldo débute chez les professionnels le 25 mai 1993, à Cruzeiro, face à Caldense. Il a 16 ans. Le bilan de son passage à Belo Horizonte tient en une ligne à peine croyable : 34 buts en 34 matches de championnat — 44 en 47 rencontres toutes compétitions selon d'autres décomptes —, une Copa do Brasil en 1993 et le championnat du Minas Gerais en 1994.

Cette même année, il figure dans la liste brésilienne pour la Coupe du monde aux États-Unis. Il porte le numéro 20, il a 17 ans, il ne joue pas une minute. Le maillot jaune Umbro de la tetra, il le soulève sans l'avoir taché d'herbe.

Eindhoven, rouge et blanc, sponsor Philips

L'Europe, c'est le PSV Eindhoven, à l'été 1994. Ronaldo y porte le 9 sur un maillot à bandes rouges et blanches barré du logo Philips — le sponsor historique du club, qui en est aussi le fondateur. Détail que les collectionneurs connaissent bien : l'équipementier change en cours de séjour. La saison 1994-1995 est produite par adidas, Nike prend le relais à partir de 1995-1996.

Sur le terrain, la première saison est une démonstration : 30 buts en championnat et le titre de meilleur buteur d'Eredivisie. La seconde est amputée par le genou droit, un problème rotulien qui l'oblige à passer sur la table d'opération. Il revient à temps pour la finale de la Coupe des Pays-Bas, le 16 mai 1996, gagnée 5-2 contre le Sparta Rotterdam. C'est son seul trophée néerlandais, et son dernier match sous ce maillot.

Barcelone 1996/97 : le blaugrana sans sponsor

À l'été 1996, le Barça le recrute pour ce qui constitue alors un record du monde. Le maillot qu'on lui donne est un objet particulier : coupe Kappa, moulante comme toutes les productions de la marque italienne à l'époque, blason sur le cœur, et surtout un torse totalement vierge. Aucun sponsor commercial. C'est cette absence, plus que le dessin des bandes, qui rend le maillot du Barça de ces années-là immédiatement identifiable.

La saison qu'il y passe est l'une des plus folles jamais réalisées par un attaquant : 47 buts en 49 matches toutes compétitions, dont 34 en 37 journées de Liga. Le total lui vaut le Soulier d'Or européen 1997 ; ses 34 buts resteront le record de buts en championnat au Barça jusqu'à ce que Lionel Messi les égale en 2009-2010, avant de les dépasser en 2011-2012.

Trois trophées suivent : la Copa del Rey, la Supercoupe d'Espagne et la Coupe des coupes. Cette dernière se joue le 14 mai 1997 à De Kuip, Rotterdam, contre le Paris Saint-Germain. Score final 1-0, sur un penalty de Ronaldo obtenu par lui-même après une faute de Bruno N'Gotty. Plus tôt dans la saison, la FIFA lui avait déjà décerné le titre de meilleur joueur du monde 1996 — à 20 ans, le plus jeune lauréat de la récompense.

Il quitte le club l'été suivant, après un seul exercice. Ironie du calendrier : le maillot catalan devenu culte auprès des collectionneurs est celui de la saison 1997/98, celle qu'il n'a jamais disputée.

Inter Milan 1997-2002 : du 10 au 9, d'Umbro à Nike

Massimo Moratti paie un nouveau record du monde pour l'arracher à Barcelone. À son arrivée, le 9 nerazzurro appartient à Iván Zamorano. Ronaldo hérite donc du numéro 10 pour la saison 1997-1998, sur un maillot Umbro à rayures noires et bleues, sponsor Pirelli en blanc sur la poitrine. C'est la version que l'on retrouve encore aujourd'hui dans les vitrines des revendeurs, y compris la tunique third de cette saison-là floquée du 10.

L'année suivante, Zamorano accepte de lui céder le 9 — et invente la solution de contournement la plus célèbre de l'histoire du flocage : il fait imprimer « 1+8 » dans son dos pour continuer à porter un 9 symbolique. Ronaldo passe donc au 9 à partir de 1998-1999, saison où Nike remplace Umbro comme équipementier de l'Inter.

Sportivement, la première saison italienne est une réussite : 25 buts en Serie A et une Coupe UEFA. La finale se joue le 6 mai 1998 au Parc des Princes, contre la Lazio. Inter l'emporte 3-0, Zamorano ouvre le score dès la 5e minute, Zanetti double la mise à l'heure de jeu, Ronaldo conclut à la 70e. Dans la foulée, il rafle le Ballon d'Or 1997 à 21 ans et un deuxième titre de meilleur joueur FIFA.

La suite est la partie sombre du récit. Le 21 novembre 1999 contre Lecce, son genou droit lâche. En avril 2000, à peine revenu, le tendon rotulien se rompt complètement. Il manque l'intégralité de la saison 2000-2001. Entre ces deux dates, le maillot de l'Inter devient celui d'une absence.

Un détail que les puristes vérifient toujours avant d'acheter : entre 1997 et 2002, l'Inter a changé de fournisseur et de numéro pour le même joueur. Un maillot nerazzurro « Ronaldo 9 » signé Umbro n'a donc jamais existé en version officielle. C'est le genre d'incohérence qui trahit une reproduction approximative.

Le jaune du Brésil : 1998, 2002, 2006

France 1998 : Nike, le 9 et des chaussures argentées

La CBF signe avec Nike en 1996. Le maillot du Mondial français en est l'une des premières grandes déclinaisons : jaune vif, liseré vert au col et aux poignets, col rond sans échancrure, écusson brodé à gauche, virgule à droite. Ronaldo y porte le 9.

Il y ajoute un accessoire qui va changer le marché : la première Nike Mercurial, argent et bleu, conçue pour sa vitesse. Il inscrit son premier but du tournoi avec, le 16 juin 1998 contre le Maroc. Il terminera avec 4 buts et le Ballon d'or du meilleur joueur de la compétition.

Et puis il y a le 12 juillet. Quelques heures avant la finale, Ronaldo est victime d'un malaise. Il est d'abord retiré de la feuille de match, puis réintégré à sa demande. Il joue, transparent, et la France l'emporte 3-0. C'est l'un des rares soirs où un maillot de Coupe du monde a raconté exactement le contraire de ce qu'on attendait de lui.

Corée-Japon 2002 : la coupe de cheveux et huit buts

Quatre ans plus tard, le même 9 jaune, une coupe Nike plus moderne avec panneaux latéraux en mesh, et un crâne rasé à l'exception d'une touffe frontale. La coiffure n'était pas un caprice : Ronaldo a expliqué depuis qu'il l'avait choisie pour détourner l'attention des journalistes de sa cuisse douloureuse. « Tout le monde parlait de mes cheveux et oubliait la blessure », a-t-il résumé.

Le tournoi lui appartient : 8 buts, Soulier d'Or, et un doublé en finale le 30 juin 2002 à Yokohama, victoire 2-0 contre l'Allemagne. Suivent le Ballon d'Or 2002, un troisième titre FIFA et un Laureus du retour de l'année. Peu de maillots portent une rédemption aussi nette.

Allemagne 2006 : le record

Alourdi, souvent critiqué, il marque quand même trois fois. Le 27 juin 2006 à Dortmund, contre le Ghana, il inscrit son quinzième but en phase finale de Coupe du monde et dépasse Gerd Müller. Le record tiendra jusqu'à Miroslav Klose en 2014.

Real Madrid 2002-2007 : le 11, puis le 9 des Galactiques

Il débarque à Madrid dans la foulée du titre mondial. Problème de vestiaire classique : le 9 est pris par Fernando Morientes, le 7 par Raúl, le 10 par Figo. Ronaldo commence donc avec le numéro 11 sur un maillot adidas floqué Siemens Mobile, nouveau sponsor du club cette saison-là. Il récupère le 9 dès l'exercice 2003-2004 et le gardera jusqu'à son départ, le sponsor devenant BenQ-Siemens en 2006.

Ses débuts, le 6 octobre 2002 contre Alavés au Bernabéu, sont un résumé du personnage : entré en cours de jeu, il marque à peine une minute plus tard et signe un doublé. Il finit la saison avec le titre de Liga et 23 buts.

Le sommet madrilène arrive le 23 avril 2003 à Old Trafford : triplé en quart de finale retour de Ligue des champions, et une ovation debout du public de Manchester United à sa sortie. Le Real se qualifie sur l'ensemble des deux matches. L'année suivante, il termine meilleur buteur de la Liga et remporte le Pichichi. En quatre saisons et demie, il dépasse la barre des cent buts pour le club.

Milan puis Corinthians : les dernières pages

En janvier 2007, il traverse Milan dans l'autre sens et signe à l'AC. Le 9 appartient à Filippo Inzaghi ; il choisit le 99, sur un maillot adidas au sponsor bwin. Le passage est court : quelques éclairs, dont un doublé dès sa première titularisation contre Sienne, puis une rupture du tendon rotulien du genou gauche le 13 février 2008, à Livourne. Le même club que celui de ses débuts rossoneri, un an plus tôt.

Il rentre au Brésil en 2009, aux Corinthians, remporte une Copa do Brasil dès sa première saison et raccroche le 14 février 2011, en évoquant la douleur et une hypothyroïdie. Dix-huit ans après Caldense.

Ses maillots en un coup d'œil

Période Club Numéro Équipementier Sponsor maillot
1994-1995 PSV Eindhoven 9 adidas Philips
1995-1996 PSV Eindhoven 9 Nike Philips
1996-1997 FC Barcelone 9 Kappa aucun
1997-1998 Inter Milan 10 Umbro Pirelli
1998-2002 Inter Milan 9 Nike Pirelli
2002-2003 Real Madrid 11 adidas Siemens Mobile
2003-2007 Real Madrid 9 adidas Siemens Mobile puis BenQ-Siemens
2007-2008 AC Milan 99 adidas bwin
1998 et 2002 Brésil 9 Nike —

Pourquoi ces maillots valent encore quelque chose

Trois raisons expliquent la cote durable des pièces R9.

  • La rareté réelle. Une seule saison à Barcelone, une seule saison en 10 à l'Inter. Ces flocages n'ont existé que douze mois.
  • Le basculement esthétique. Ses maillots couvrent le passage des coupes larges du milieu des années 90 aux tissus techniques des années 2000. Le PSV 1995 et le Real 2003 n'appartiennent pas au même monde textile.
  • La charge narrative. Un maillot du Brésil 1998 ne raconte pas la même chose qu'un maillot du Brésil 2002, alors que le numéro et le joueur sont identiques.

Les équipementiers l'ont bien compris. En 2024, Nike a ressorti le maillot du Brésil 1998 associé à R9, preuve qu'une tunique de vingt-six ans d'âge se vend encore sur son seul nom. Quand un fabricant réédite un modèle, ce n'est jamais le maillot qu'il vend : c'est le souvenir qui va avec.

C'est aussi ce qui explique que ces pièces soient sorties du strict cadre du stade. Beaucoup de ceux qui portent aujourd'hui un R9 n'ont jamais vu le but de Compostela en direct — un phénomène qu'on retrouve dans la plupart des tuniques marquantes de la décennie 90.

Côté boutique, notre sélection rétro évolue régulièrement, et l'Inter Milan 1997/98 en fait partie. Pour les couleurs qu'il a portées en sélection, direction les maillots du Brésil. Pour ses années espagnoles et italiennes, les collections Real Madrid et Inter Milan prennent le relais.

Reste une question que tout collectionneur finit par se poser : lequel de ces maillots est le vrai « maillot de Ronaldo » ? Le blaugrana de 1996 pour la démonstration technique, le nerazzurro de 1998 pour le sommet, le jaune de 2002 pour la fin de l'histoire. Aucune bonne réponse. C'est bien pour ça qu'on les collectionne tous.

Équipe éditoriale MyFootify

Publié le 31 août 2026